Aller au contenu

Le pardon

 Pourquoi pardonner ? Tout est-il pardonnable ? A quoi ça sert ?

J’ai longtemps cru que pardonner c’était une façon de nier ce que l’autre nous avait fait. De valider ses actes et de passer à autre chose, presque comme si c’était nier les faits eux même et la souffrance que cela avait engendré chez nous ainsi que toutes les conséquences qu’on avait pu et que l’on pouvait toujours vivre.

J’ai beaucoup cheminé sur cette notion de pardon et aujourd’hui j’ai compris, j’ai beaucoup pardonné, à beaucoup de personnes et je n’ai pas terminée, c’était parfois bien difficile, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois. Et je ne comprenais pas forcément pourquoi.

Pardonner est un long chemin avec ses étapes, ses processus. Cela nous demande d’être en premier lieu dans la conscience de ce qu’une personne nous a fait vivre, d’en comprendre le sens et les répercussions que cela a eu ou a encore sur notre vie (en générale ça en a encore même si on ne le sait pas). C’est parfois très enfoui dans l’inconscient.

Ensuite, il y a à comprendre le chemin de la personne même qui nous a fait souffrir, comprendre sa vie, pourquoi elle fait souffrir les autres, pourquoi elle nous fait souffrir nous…et là, souvent, on bloque, on ne veut pas voir. On ne veut pas voir qu’une personne qui en fait souffrir une autre est avant tout une personne qui souffre elle-même, souvent dans l’inconscience complète ou presque de faire souffrir les autres, sans savoir qu’il existe d’autres alternatives. La personne fait de son mieux car c’est ce que nous faisons tous, de notre mieux. Et le mieux de cette personne fait souffrir. Pas tout le monde non, mais nous, déjà là c’est questionnant, pourquoi nous souffrons de cette personne et d’autres non ?

Une piste à explorer pour reprendre notre responsabilité, notre pouvoir. Si nous souffrons de cette personne, c’est que quelque part, au fond de nous, nous l’avons laissé faire. Nos comportements, nos énergies, nos propres blessures ne nous mettent pas en mesure de bloquer cette personne et nous la laissons nous faire du mal. Alors je vous arrête de suite, surtout votre mental, la laisser nous faire du mal n’est pas dire que c’est de notre faute ou encore moins qu’on l’a cherché, voulu ou un truc du genre. Cela veut dire que l’on ne c’est pas assez aimé à ce moment-là pour dire stop. On ne peut nous faire du mal si on ne laisse pas faire, on n’est pas obligé de subir les autres. J’y reviendrais plus tard dans un autre écrit.

Pour le pardon, c’est là que le plus dur intervient, après avoir mis en conscience, après avoir dû revivre les souffrances que l’on a vécu d’un point de vue émotionnelle pour les transcender, après avoir compris que la personne en face était elle aussi en souffrance et ne pouvait faire autrement, après un long chemin de pardon de l’autre commence une dernière partie qui n’est pas la plus facile : se pardonner à soi-même. Se pardonner d’avoir autorisé l’autre (inconsciemment bien sûr) à nous blesser, nous faire souffrir. Apprendre qu’il y a d’autres possibles que de subir, sortir de ce si cher statut de victime et prendre sa vie en responsabilité. Si j’ai eu mal, c’est qu’au fond de moi j’ai préféré faire ce choix qu’un autre que je n’étais pas en mesure de faire. Je me suis conditionnée en victime et cela a attiré à moi des personnes qui m’ont fait souffrir. En ça, j’ai besoin de me pardonner pour pouvoir sortir de ce cercle souffrant et apprendre petit à petit à m’aimer davantage, à m’estimer.

Si je m’aime plus, si je m’estime plus, j’attire à moi des gens qui m’aiment et m’estiment plus à leur tour, donc des gens qui me feront moins souffrir. C’est la loi de l’attraction dont je vous parlerai une autre fois.

Et vous, laissez-vous les autres vous blesser ? Ou au contraire avez-vous tellement bien verrouillé vos émotions que rien ni personnes ne peut plus vous atteindre ? Dans l’un comme l’autre de ces 2 cas de figures, vous êtes une personne qui est en réaction et qui a besoin de se pardonner pour pouvoir continuer son chemin dans l’amour et l’équilibre et l’ouverture à l’autre.

Je vous souhaite le meilleur,

Emma